Créer un site web pour son cabinet d'avocats n'est pas un acte anodin. Contrairement à un entrepreneur classique, l'avocat exerce une profession réglementée soumise à des obligations déontologiques strictes qui s'appliquent pleinement à sa présence en ligne. Un site internet non conforme peut entraîner des sanctions disciplinaires, des amendes, voire une suspension d'exercice.

Pourtant, en 2025, un site web est devenu un outil indispensable pour tout cabinet souhaitant développer sa clientèle. Près de 96 % des personnes cherchant un avocat passent par un moteur de recherche. L'enjeu est donc de concilier visibilité numérique et respect des règles professionnelles.

Ce guide complet détaille l'ensemble des obligations légales et déontologiques applicables au site internet d'un avocat : le Règlement Intérieur National (RIN), la LCEN, le RGPD, les règles de publicité, les mentions légales et bien plus encore. Que vous soyez en train de créer votre site ou de vérifier la conformité d'un site existant, vous trouverez ici toutes les réponses.

1. Le cadre juridique du site web d'un avocat

Le site internet d'un avocat se situe à l'intersection de plusieurs textes juridiques. Comprendre ce cadre est indispensable avant toute mise en ligne. Quatre corpus de règles encadrent la présence en ligne de l'avocat, chacun avec des exigences spécifiques.

Le Règlement Intérieur National (RIN)

Le Règlement Intérieur National, adopté par le Conseil National des Barreaux (CNB), est le texte de référence en matière de déontologie des avocats. Deux articles sont particulièrement importants pour la création d'un site web :

L'article 10 du RIN – La publicité et la communication

L'article 10 pose le principe général : l'avocat est autorisé à réaliser des actes de publicité personnelle ainsi que des actions de communication. Cette autorisation, issue de la réforme de 2014, a mis fin à l'interdiction historique de la publicité pour les avocats. Cependant, cette liberté est strictement encadrée :

  • La communication doit être conforme aux principes essentiels de la profession : dignité, délicatesse, modération, loyauté
  • Elle ne doit comporter aucune mention comparative
  • Elle ne doit contenir aucune indication susceptible de créer une attente injustifiée (promesse de résultat)
  • Elle ne doit pas être source de dénigrement envers d'autres avocats ou professionnels du droit
  • Elle doit permettre l'identification claire de l'avocat ou du cabinet émetteur

L'article 10.6 du RIN – La sollicitation personnalisée

L'article 10.6 encadre la sollicitation personnalisée, c'est-à-dire l'envoi d'une information ou d'une proposition de service à une personne déterminée. Cet article, introduit par la loi Hamon du 17 mars 2014, prévoit que :

  • La sollicitation est autorisée par voie numérique (email, publicité en ligne ciblée)
  • Elle doit se conformer aux exigences de l'article 10 (dignité, loyauté, etc.)
  • Le destinataire doit pouvoir identifier clairement l'émetteur comme avocat
  • Les moyens de la sollicitation doivent être communiqués à l'Ordre dont dépend l'avocat
  • Chaque sollicitation doit mentionner l'identité de l'avocat, le barreau d'inscription et, si applicable, le coût de la prestation proposée
Concrètement, un site internet est considéré comme un outil de communication générale soumis à l'article 10. Les publicités ciblées (Google Ads, emails marketing) relèvent de l'article 10.6 sur la sollicitation personnalisée.

La Loi pour la Confiance dans l'Économie Numérique (LCEN)

La loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN) s'applique à tout site internet, y compris celui d'un avocat. Elle impose notamment :

  • L'affichage de mentions légales obligatoires identifiant l'éditeur du site
  • L'identification de l'hébergeur du site web
  • Le respect de règles en matière de commerce électronique si l'avocat propose des services en ligne
  • L'obligation de conserver les données de connexion pendant un an

Le non-respect des obligations de la LCEN est sanctionné pénalement. L'absence de mentions légales peut entraîner une amende allant jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale.

Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Le RGPD, entré en vigueur le 25 mai 2018, s'applique intégralement aux cabinets d'avocats. Dès lors qu'un site collecte des données personnelles (formulaire de contact, prise de rendez-vous, newsletter, cookies), le cabinet est qualifié de responsable de traitement au sens du règlement. Les obligations sont renforcées par le secret professionnel qui pèse sur l'avocat.

La directive e-commerce

La directive 2000/31/CE du 8 juin 2000, transposée en droit français, s'applique également aux services fournis par voie électronique. Pour un avocat proposant des consultations en ligne ou des services juridiques numériques, cette directive impose des obligations d'information renforcées : identification du prestataire, conditions générales de vente, processus de commande, et droit de rétractation le cas échéant.

2. Les mentions légales obligatoires

Les mentions légales constituent la « carte d'identité » de votre site web. Pour un avocat, elles vont bien au-delà des mentions classiques exigées par la LCEN. Le RIN et les usages professionnels imposent des informations supplémentaires spécifiques à la profession.

Identité de l'avocat

Votre site doit impérativement faire apparaître :

  • Nom et prénom de l'avocat (ou de chaque associé si cabinet multi-avocats)
  • Le titre d'avocat : la mention « Avocat au Barreau de [ville] » est indispensable et doit être précise
  • Le numéro TOQUE (identifiant au barreau), bien que non obligatoire au sens de la LCEN, est fortement recommandé
  • Le cas échéant, les spécialisations certifiées par le CNB (seules les mentions de spécialisation officielles sont autorisées)
Attention aux mentions de spécialisation Seul un avocat titulaire d'un certificat de spécialisation délivré par le CNB peut mentionner le titre de « spécialiste en… » sur son site. Utiliser les termes « domaines d'intervention » ou « domaines de compétence » est permis pour tout avocat, mais la mention « spécialiste » sans certificat constitue un manquement déontologique.

Barreau d'inscription

Le barreau d'inscription doit être indiqué clairement. Si l'avocat est inscrit à un barreau étranger ou bénéficie d'un titre européen, cette information doit également figurer. Pour les avocats multi-inscrits, chaque barreau doit être mentionné.

Adresse et coordonnées du cabinet

  • Adresse physique complète du cabinet principal
  • Numéro de téléphone
  • Adresse e-mail
  • Le cas échéant, les adresses des cabinets secondaires

Numéro SIRET/SIREN et informations juridiques

Comme tout professionnel, l'avocat doit mentionner :

  • Son numéro SIRET (identifiant de l'établissement)
  • Le numéro SIREN de la structure
  • S'il exerce en société (SELARL, SCP, SELAS, AARPI) : la dénomination sociale, la forme juridique, le montant du capital social, l'adresse du siège et le numéro d'immatriculation au RCS
  • Le numéro de TVA intracommunautaire le cas échéant

Informations sur l'hébergeur

La LCEN impose de mentionner l'identité complète de l'hébergeur du site :

  • Raison sociale de l'hébergeur
  • Adresse du siège
  • Numéro de téléphone

Si vous hébergez votre site chez un prestataire comme OVHcloud, o2switch ou Infomaniak, ce sont leurs coordonnées qui doivent figurer.

Le directeur de la publication

Le nom du directeur de la publication est obligatoire. Pour un cabinet d'avocats, il s'agit généralement de l'avocat gérant ou du responsable du site.

Ce qui est spécifique aux avocats par rapport à un site classique

Au-delà des mentions obligatoires pour tout professionnel, l'avocat doit ajouter des informations propres à sa profession réglementée :

  • La référence à l'Ordre des avocats dont il dépend (avec lien vers le site du barreau)
  • La mention de l'autorité de règlementation : le Conseil National des Barreaux
  • Le régime juridique applicable : profession libérale réglementée, loi du 31 décembre 1971
  • Les règles professionnelles applicables : RIN et règlement intérieur du barreau local
  • L'assurance de responsabilité civile professionnelle (nom de l'assureur, numéro de police, étendue géographique de la couverture)
  • Si l'avocat possède un compte CARPA, la mention de la Caisse Autonome des Règlements Pécuniaires des Avocats
Conseil pratique : créez une page dédiée « Mentions légales » accessible depuis toutes les pages de votre site (généralement en pied de page). Cette page doit être distincte de votre politique de confidentialité.

3. La publicité et la communication de l'avocat sur internet

La question de la publicité est probablement le sujet le plus délicat pour un avocat sur internet. Historiquement interdite, la publicité a été progressivement autorisée, mais le cadre reste strict et les nuances nombreuses.

L'évolution historique : de l'interdiction à l'autorisation

Pendant longtemps, la publicité était purement et simplement interdite aux avocats. Le décret du 12 juillet 2005 a amorcé une ouverture en autorisant la « communication » (distincte de la publicité). La véritable révolution est venue de la loi Hamon du 17 mars 2014 (loi n° 2014-344 relative à la consommation), qui a autorisé la sollicitation personnalisée pour les avocats.

Le décret du 28 octobre 2014 et la mise à jour de l'article 10 du RIN ont confirmé cette ouverture, en établissant un cadre déontologique précis.

Article 10 du RIN : ce qui est autorisé

L'article 10 autorise l'avocat à communiquer sur :

  • Ses domaines de compétence et d'intervention
  • Son expérience et sa formation
  • La structure du cabinet (nombre d'avocats, organisation)
  • Ses honoraires (fourchettes indicatives, conventions d'honoraires types)
  • Ses résultats d'activité en termes généraux (volume de dossiers traités, par exemple), sans promettre un résultat spécifique
  • Ses publications et participations à des colloques ou formations
  • Son appartenance à des réseaux ou associations professionnelles

Article 10.6 du RIN : la sollicitation personnalisée

La sollicitation personnalisée est définie comme « le fait, pour un avocat, d'adresser une proposition de services à une personne physique ou morale déterminée, que ce soit par voie postale, téléphonique ou sous forme électronique ». Concrètement, cela couvre :

  • Les campagnes Google Ads ciblant des audiences spécifiques
  • Les publicités sur les réseaux sociaux (LinkedIn Ads, Facebook Ads)
  • Les campagnes d'e-mailing
  • Les newsletters commerciales

Pour être conforme, chaque sollicitation personnalisée doit :

  1. Mentionner clairement l'identité de l'avocat et son barreau d'inscription
  2. Préciser le coût de la prestation proposée (ou une fourchette) si un service est directement proposé
  3. Comporter la mention « publicité » ou « communication commerciale » de manière visible
  4. Les moyens employés doivent être communiqués au barreau

La distinction entre information et publicité

Le droit distingue trois niveaux de communication pour l'avocat :

  • L'information : les contenus à caractère informatif (articles de blog, analyses juridiques, fiches pratiques) relèvent de la liberté d'expression et ne sont pas considérés comme de la publicité. L'avocat est libre de publier du contenu pédagogique sur son site sans restriction particulière, tant qu'il ne s'agit pas d'une consultation juridique déguisée
  • La publicité générale : les pages de présentation du cabinet, la mise en avant de ses compétences, la description de ses services constituent de la publicité au sens de l'article 10, soumise aux principes de dignité et de loyauté
  • La sollicitation personnalisée : les communications ciblées vers des personnes identifiées, soumises aux obligations renforcées de l'article 10.6

Ce qui est strictement interdit

Interdictions formelles Les pratiques suivantes sont interdites et peuvent entraîner des poursuites disciplinaires :
  • La publicité comparative : comparer ses services, ses tarifs ou ses résultats avec ceux d'un confrère ou d'un autre professionnel du droit
  • Le dénigrement : critiquer ou déprécier un confrère, un autre barreau ou une juridiction
  • Les promesses de résultat : garantir l'issue d'un procès, promettre un montant d'indemnisation, ou utiliser des formules comme « 100 % de succès » ou « gain garanti »
  • Les mentions trompeuses : afficher un titre de spécialiste sans certificat, prétendre à une exclusivité de compétence, inventer des distinctions
  • Le démarchage abusif : contacter directement des personnes en situation de vulnérabilité (victimes d'accidents, personnes en garde à vue) pour leur proposer ses services
  • La violation de la confidentialité : publier le nom de clients, le détail d'affaires en cours ou passées sans consentement exprès

Les sanctions possibles

Un manquement aux règles de communication peut entraîner des poursuites disciplinaires devant le conseil de discipline du barreau. Les sanctions possibles sont :

  1. L'avertissement : rappel à l'ordre sans conséquence immédiate
  2. Le blâme : sanction inscrite au dossier de l'avocat
  3. L'interdiction temporaire d'exercer : suspension de 1 mois à 3 ans
  4. La radiation : dans les cas les plus graves (récidive, atteinte grave à la profession)

En pratique, les sanctions pour des manquements liés au site internet se situent généralement entre l'avertissement et le blâme. Les cas de suspension restent rares et concernent généralement des démarchages abusifs répétés.

Le démarchage vs la communication (loi Hamon 2014)

Il est essentiel de distinguer la sollicitation personnalisée légale du démarchage interdit :

  • Sollicitation légale : proposer ses services à une personne identifiée en respectant les conditions de l'article 10.6 (identification, transparence, communication au barreau)
  • Démarchage interdit : contacter une personne de manière intrusive, insistante ou en exploitant une situation de vulnérabilité. Le « ambulance chasing » (se rendre sur les lieux d'un accident pour distribuer ses cartes) reste strictement prohibé

La loi Hamon a élargi le champ du permis, mais la frontière entre sollicitation légitime et démarchage abusif reste une question d'appréciation, tranchée au cas par cas par les instances ordinales.

4. Le référencement SEO et la déontologie

Le référencement naturel (SEO) est devenu un levier incontournable pour la visibilité des cabinets d'avocats. Mais qu'en est-il de sa compatibilité avec les règles déontologiques ?

Le SEO est-il considéré comme de la publicité ?

La question a fait débat au sein de la profession. En l'état actuel des textes et de la jurisprudence ordinale, le référencement naturel (optimisation du contenu pour les moteurs de recherche) n'est pas assimilé à de la publicité au sens du RIN. Il est considéré comme un travail technique visant à rendre un site plus visible, sans constituer en soi un acte de communication promotionnelle.

Cependant, cette tolérance a des limites :

  • Le contenu du site, même optimisé pour le SEO, doit respecter les règles de l'article 10 du RIN
  • Les balises title et meta description ne doivent pas contenir de mentions interdites (promesse de résultat, dénigrement)
  • Les mots-clés utilisés ne doivent pas induire en erreur sur les compétences réelles de l'avocat
Bonne pratique Un titre comme « Avocat en droit du travail à Lyon – Cabinet Dupont » est parfaitement conforme. En revanche, « Meilleur avocat droit du travail Lyon – Résultats garantis » constitue un double manquement (comparaison implicite et promesse de résultat).

Google Ads pour un avocat : les règles

Les campagnes Google Ads (référencement payant) sont considérées comme de la sollicitation personnalisée au sens de l'article 10.6, car elles ciblent des personnes effectuant des recherches spécifiques. L'avocat peut donc utiliser Google Ads, sous réserve de :

  • Respecter les règles déontologiques dans le texte des annonces (pas de promesse de résultat, pas de comparaison)
  • S'identifier clairement comme avocat dans l'annonce
  • Communiquer au barreau l'utilisation de publicités en ligne
  • Veiller à ce que les landing pages (pages d'atterrissage) soient elles-mêmes conformes au RIN
  • Ne pas enchérir sur le nom d'un confrère comme mot-clé (considéré comme une forme de dénigrement ou de concurrence déloyale)

Les annuaires en ligne

Les inscriptions dans les annuaires juridiques en ligne sont non seulement autorisées mais recommandées pour le référencement local. Privilégiez les annuaires reconnus :

  • Avocats.fr (le site officiel du CNB)
  • Le site de votre barreau local
  • Village de la Justice
  • Juritravail
  • Pages Jaunes / Solocal
  • Google Business Profile

Veillez à la cohérence des informations (NAP : Nom, Adresse, Téléphone) sur tous les annuaires. Toute incohérence nuit à votre référencement local et peut semer la confusion chez les prospects.

Les avis clients : ce que dit l'Ordre

La question des avis clients est l'un des points les plus sensibles pour les avocats. Voici la position actuelle :

  • Les avis Google : ils sont hors du contrôle direct de l'avocat (tout justiciable peut laisser un avis). Ils sont donc tolérés par l'Ordre. L'avocat peut répondre aux avis dans le respect du secret professionnel
  • Solliciter activement des avis : la pratique est tolérée mais doit rester discrète. Un email de remerciement avec un lien vers votre fiche Google est généralement accepté
  • Publier des témoignages sur son site : c'est possible mais délicat. Le secret professionnel interdit de révéler l'identité d'un client ou le détail d'une affaire. Les témoignages doivent rester génériques et le client doit avoir donné son consentement écrit exprès
  • Les plateformes d'avis dédiées (type « Trustpilot ») : aucune interdiction générale, mais l'avocat doit veiller à ce que les avis publiés ne violent pas le secret professionnel
En 2025, les avis Google sont devenus un facteur déterminant pour le référencement local et la conversion des prospects. Il est possible de les exploiter tout en respectant la déontologie, à condition de ne jamais compromettre le secret professionnel.

5. Le RGPD appliqué au site web d'un avocat

Le RGPD impose des obligations renforcées aux cabinets d'avocats, qui traitent par nature des données sensibles (données relatives à des infractions, à la vie privée, à la santé). Le non-respect du RGPD expose le cabinet à des sanctions pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel.

Le secret professionnel et les formulaires de contact

Le formulaire de contact est un élément central de tout site d'avocat, mais il soulève des questions importantes au regard du secret professionnel et du RGPD :

  • Les données transmises via le formulaire doivent transiter par une connexion chiffrée (HTTPS)
  • L'avocat doit informer le visiteur que les informations communiquées via le formulaire ne sont pas protégées par le secret professionnel tant qu'un mandat n'a pas été conclu (la Cour de cassation considère que le secret professionnel couvre les échanges entre l'avocat et son client, pas les demandes de renseignement généraux)
  • Il est recommandé de limiter les champs du formulaire au strict nécessaire : nom, email, téléphone, objet de la demande. Évitez de demander des détails sensibles sur une affaire via un formulaire web
  • Un message d'avertissement doit être affiché près du formulaire, recommandant au visiteur de ne pas communiquer d'informations confidentielles par ce biais

La politique de confidentialité obligatoire

Votre site doit disposer d'une politique de confidentialité complète, distincte des mentions légales, mentionnant :

  • L'identité du responsable de traitement (le cabinet ou l'avocat)
  • Les finalités du traitement (réponse aux demandes de contact, envoi de newsletter, gestion de rendez-vous)
  • La base légale de chaque traitement (consentement, intérêt légitime, exécution d'un contrat)
  • Les catégories de données collectées
  • Les destinataires des données (hébergeur, outils d'emailing, etc.)
  • Les durées de conservation
  • Les droits des personnes concernées (accès, rectification, effacement, portabilité, opposition)
  • Les transferts hors UE le cas échéant
  • Les coordonnées du DPO ou du contact RGPD
  • Le droit de réclamation auprès de la CNIL

Les cookies et le consentement

Votre site utilise probablement des cookies (analytics, réseaux sociaux, publicité). La réglementation française, précisée par les lignes directrices de la CNIL de 2020, impose :

  • Un bandeau de consentement affiché dès la première visite
  • La possibilité de refuser les cookies aussi facilement que de les accepter
  • Le consentement explicite avant tout dépôt de cookies non essentiels (analytics, marketing)
  • Les cookies strictement nécessaires (fonctionnement du site) sont exemptés de consentement
  • Le consentement doit être renouvelé tous les 13 mois maximum

En pratique, utilisez une solution de gestion de consentement (CMP) comme Tarteaucitron.js, Axeptio ou Cookiebot pour être conforme.

Le DPO : obligatoire ou non pour un cabinet ?

La désignation d'un Délégué à la Protection des Données (DPO) est obligatoire dans trois cas. Pour un cabinet d'avocats, le troisième cas est le plus pertinent :

  • Autorité ou organisme public (non applicable)
  • Traitement à grande échelle de données de suivi systématique (rarement applicable)
  • Traitement à grande échelle de données sensibles : un cabinet traitant de nombreux dossiers impliquant des données pénales, médicales ou relatives à la vie privée pourrait y être soumis

Même si la désignation n'est pas obligatoire, le Conseil National des Barreaux recommande à tous les cabinets de désigner un référent RGPD interne. Pour un exercice individuel, l'avocat lui-même peut assumer ce rôle.

La conservation des données

Les durées de conservation doivent être définies pour chaque type de donnée. Voici les durées recommandées :

  • Formulaires de contact (prospects non devenus clients) : 3 ans après le dernier contact
  • Données clients : durée de la mission + 5 ans (prescription civile de droit commun)
  • Données de newsletter : jusqu'au désabonnement + 3 ans
  • Cookies : 13 mois maximum
  • Logs de connexion : 1 an (obligation LCEN)
Rappel important Les données couvertes par le secret professionnel ne doivent jamais être stockées sur des serveurs non sécurisés ou accessibles à des tiers non autorisés. L'hébergement de données de clients doit respecter des standards de sécurité élevés. Privilégiez un hébergement en France ou en Europe.

6. Les réseaux sociaux et la déontologie

La présence sur les réseaux sociaux est devenue courante pour les avocats. LinkedIn, X (anciennement Twitter), Facebook ou Instagram sont autant de canaux de visibilité. Mais les règles déontologiques s'y appliquent également.

LinkedIn et X : ce qui est permis

Les réseaux sociaux professionnels sont généralement bien vus par les Ordres. L'avocat peut :

  • Partager des analyses juridiques et commenter l'actualité législative
  • Publier des articles sur ses domaines de compétence
  • Annoncer des événements (conférences, formations, webinaires)
  • Communiquer sur la vie du cabinet (recrutement, distinction, déménagement)
  • Interagir avec ses pairs et avec le public

Les limites de la communication sur les réseaux

Même sur les réseaux sociaux, l'avocat reste soumis à ses obligations déontologiques :

  • Secret professionnel : ne jamais révéler l'identité d'un client, le détail d'un dossier ou l'issue d'une procédure, même de manière implicite
  • Dignité : éviter les publications sensationnalistes, les photos inappropriées ou les commentaires qui pourraient nuire à l'image de la profession
  • Délicatesse : ne pas critiquer publiquement un confrère, un magistrat ou une décision de justice de manière virulente
  • Modération : éviter l'autopromotion excessive ou les publications à caractère purement commercial
  • Précaution dans les débats : ne pas s'engager dans des polémiques politiques qui pourraient remettre en cause l'impartialité perçue de l'avocat

La jurisprudence récente

Plusieurs décisions disciplinaires récentes ont précisé les contours de la communication des avocats sur les réseaux sociaux :

  • Un avocat a été sanctionné par un blâme pour avoir publié sur Facebook des photos de lui à la sortie d'un procès médiatisé, accompagnées de commentaires auto-promotionnels
  • Un confrère a reçu un avertissement pour avoir révélé sur X l'identité d'un client dans le cadre d'une affaire en cours
  • En revanche, la cour d'appel de Paris a confirmé qu'un avocat pouvait librement commenter des décisions de justice publiques sur ses réseaux, dans la mesure où cela relevait de la liberté d'expression académique
Règle d'or Avant de publier sur les réseaux sociaux, posez-vous la question : « Est-ce que le Bâtonnier de mon barreau pourrait voir cette publication sans y trouver à redire ? » Si la réponse est oui, publiez. Sinon, abstenez-vous.

7. Checklist complète des obligations

Voici la liste exhaustive de tous les éléments à vérifier pour que votre site soit parfaitement conforme aux obligations légales et déontologiques :

Mentions légales

  • Nom, prénom et titre d'avocat
  • Barreau d'inscription mentionné
  • Adresse complète du cabinet
  • Numéro de téléphone et adresse e-mail
  • Numéro SIRET/SIREN
  • Forme juridique et capital social (si société)
  • Identité complète de l'hébergeur
  • Nom du directeur de la publication
  • Référence à l'Ordre des avocats
  • Assurance RCP (nom de l'assureur et numéro de police)
  • Règles professionnelles applicables (RIN)

RGPD et confidentialité

  • Politique de confidentialité complète et accessible
  • Bandeau de cookies avec consentement explicite
  • Formulaire de contact avec mention d'information RGPD
  • Connexion HTTPS (certificat SSL valide)
  • Registre des traitements tenu à jour
  • Durées de conservation définies
  • Information sur les droits des personnes (accès, rectification, effacement)
  • Avertissement près du formulaire sur les données sensibles

Contenu et communication

  • Aucune promesse de résultat sur le site
  • Aucune mention comparative avec d'autres avocats
  • Spécialisations mentionnées uniquement si certifiées par le CNB
  • Pas de révélation d'identité de clients sans consentement
  • Honoraires présentés de manière claire et sans engagement
  • Ton général conforme à la dignité de la profession
  • Contenu informatif vérifié et à jour

Référencement et publicité

  • Google Ads conformes aux règles déontologiques (si utilisés)
  • Campagnes publicitaires communiquées au barreau
  • Balises SEO sans mentions interdites
  • Cohérence des informations NAP sur tous les annuaires
  • Réponses aux avis Google respectant le secret professionnel
  • Pas d'enchères sur le nom de confrères

Technique et sécurité

  • Site accessible sur mobile (responsive design)
  • HTTPS activé sur toutes les pages
  • Hébergement en France ou en Europe
  • Sauvegardes régulières du site
  • Mises à jour de sécurité appliquées
  • Page mentions légales accessible depuis toutes les pages
  • Page politique de confidentialité accessible depuis toutes les pages

8. Les erreurs fréquentes à éviter

Après avoir accompagné de nombreux cabinets dans la création de leur site web, voici les erreurs que nous rencontrons le plus souvent et qui exposent les avocats à des risques disciplinaires ou juridiques.

Erreur n°1 : l'absence totale de mentions légales

C'est l'erreur la plus fréquente et la plus facile à corriger. De nombreux avocats lancent leur site sans page de mentions légales, ou avec une page incomplète copiéée d'un modèle générique qui ne contient pas les informations spécifiques à la profession (barreau d'inscription, assurance RCP, référence au RIN). En cas de contrôle, c'est une infraction à la LCEN passible d'amende, doublée d'un manquement déontologique.

Erreur n°2 : utiliser le titre « spécialiste » sans certificat

Beaucoup d'avocats se présentent comme « spécialistes en droit du travail » ou « spécialistes en droit de la famille » sur leur site sans détenir le certificat de spécialisation du CNB. La nuance entre « spécialiste » (titre protégé) et « intervenant principalement en » (description factuelle) est cruciale. Utilisez plutôt « domaines d'intervention » ou « domaines de compétence ».

Erreur n°3 : les promesses de résultat implicites

Des formulations comme « Nous gagnons vos dossiers », « Taux de réussite exceptionnel », « Expert reconnu n°1 » ou « Le meilleur avocat de [ville] » constituent des promesses de résultat ou des mentions comparatives interdites. Préférez des formulations factuelles comme « Plus de 15 ans d'expérience » ou « Plus de 500 dossiers traités ».

Erreur n°4 : négliger le RGPD et les cookies

De nombreux sites d'avocats utilisent Google Analytics, des outils de chat en ligne ou des pixels de suivi publicitaire sans bandeau de cookies conforme. C'est une infraction au RGPD qui peut être signalée à la CNIL par n'importe quel visiteur. Ironie du sort : un professionnel du droit en infraction avec le RGPD risque un sérieux déficit de crédibilité.

Erreur n°5 : publier des témoignages clients détaillés

Certains avocats publient des témoignages mentionnant le type d'affaire, le résultat obtenu et parfois même le nom du client. Même avec l'accord du client, ces publications peuvent être considérées comme une promesse de résultat implicite et une atteinte au principe de modération. Limitez-vous à des témoignages génériques sur la qualité de l'accueil et de l'écoute.

Erreur n°6 : ne pas informer le barreau de ses activités en ligne

L'article 10.6 du RIN prévoit que les moyens de communication doivent être communiqués au barreau. Omettre cette déclaration, surtout en cas d'utilisation de publicités payantes (Google Ads, LinkedIn Ads), constitue un manquement. Même si certains barreaux ne sont pas proactifs dans ce contrôle, un confrère ou un justiciable peut signaler l'irrégularité.

Erreur n°7 : un site non sécurisé (sans HTTPS)

En 2025, un site d'avocat sans certificat SSL (HTTPS) est non seulement pénalisé par Google dans les résultats de recherche, mais il expose également les données des visiteurs à des interceptions. C'est une faute au regard du RGPD (défaut de sécurité) et un signal très négatif pour les prospects.

Erreur n°8 : copier le contenu d'autres sites juridiques

Reprendre des textes de sites juridiques (Dalloz, Legifrance, sites de confrères) sans les réécrire constitue à la fois un problème de propriété intellectuelle et un facteur de pénalisation SEO (contenu dupliqué). Chaque page de votre site doit refléter votre propre expertise et votre style.

9. Questions fréquentes

Oui, depuis la loi Hamon de 2014 et la réforme de l'article 10 du RIN, les avocats sont autorisés à faire de la publicité sur internet. Cette communication doit cependant respecter les principes de dignité, de loyauté, de délicatesse et ne doit comporter aucune mention comparative, dénigrante ou susceptible de créer une attente injustifiée. La sollicitation personnalisée (article 10.6 du RIN) est également permise sous certaines conditions strictes, notamment la communication des moyens utilisés à l'Ordre.

Les mentions obligatoires incluent : le nom et prénom de l'avocat (ou la dénomination du cabinet), le titre d'avocat et le barreau d'inscription, l'adresse du cabinet, le numéro SIRET/SIREN, les coordonnées de l'hébergeur du site, le nom du directeur de la publication. En cas de structure d'exercice (SELARL, SCP), les informations relatives à la société (forme juridique, capital, RCS). S'ajoutent les mentions spécifiques à la profession : référence à l'Ordre, assurance RCP, règles professionnelles applicables. Ces obligations découlent à la fois de la LCEN et du RIN.

Oui, un avocat peut utiliser Google Ads pour référencer son cabinet. Les annonces payantes sont considérées comme de la sollicitation personnalisée au sens de l'article 10.6 du RIN et doivent donc respecter les règles déontologiques : pas de mention comparative, pas de promesse de résultat, identification claire comme avocat. Il est recommandé d'informer le service déontologique de votre Ordre de l'utilisation de publicités en ligne. Évitez également d'enchérir sur le nom d'un confrère comme mot-clé.

La question des avis clients est délicate. Les avis Google sont hors du contrôle direct de l'avocat et sont donc tolérés par les Ordres. L'avocat peut y répondre dans le respect du secret professionnel. Solliciter discrètement des avis (par email après une mission) est généralement accepté. Publier des témoignages détaillés sur son site est plus risqué au regard du secret professionnel et de l'interdiction des promesses de résultat. Le client doit avoir donné un consentement écrit exprès, et aucun détail identifiant ne doit être révélé.

Le RIN prévoit dans son article 10.6 que l'avocat doit communiquer à son Ordre les modalités de sa communication, y compris son site internet. En pratique, il est fortement recommandé d'informer votre barreau de l'existence de votre site et de son contenu. Certains barreaux exigent une déclaration préalable et procèdent à un contrôle de conformité avant la mise en ligne. D'autres se contentent d'un contrôle a posteriori. Vérifiez les règles spécifiques de votre barreau d'inscription en contactant le service de déontologie.

Les sanctions sont de plusieurs ordres. Sur le plan disciplinaire, le conseil de discipline du barreau peut prononcer un avertissement, un blâme, une interdiction temporaire d'exercer (1 mois à 3 ans) ou la radiation dans les cas les plus graves. Sur le plan légal, le non-respect de la LCEN (mentions légales) est sanctionné par des amendes allant jusqu'à 75 000 € pour une personne physique. Le non-respect du RGPD peut entraîner des sanctions de la CNIL allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires.

Oui, le RGPD s'applique pleinement aux cabinets d'avocats. Dès lors qu'un cabinet collecte des données personnelles (formulaire de contact, prise de rendez-vous en ligne, newsletter), il est soumis au Règlement Général sur la Protection des Données. Le cabinet doit disposer d'une politique de confidentialité complète, recueillir le consentement pour les cookies non essentiels, informer les personnes de leurs droits (accès, rectification, effacement) et tenir un registre des traitements. La sécurisation des données est d'autant plus importante pour les avocats en raison du secret professionnel.

C'est possible mais délicat. Le client doit donner son consentement écrit exprès. Aucun détail identifiant de l'affaire ne doit être révélé (respect du secret professionnel). Les témoignages ne doivent pas constituer une promesse de résultat (par exemple, « Grâce à Maître X, j'ai obtenu 50 000 € d'indemnités » serait problématique). Il est recommandé de se limiter à des témoignages génériques portant sur la qualité de l'accueil, l'écoute et le professionnalisme, sans évoquer le fond des dossiers ni les montants obtenus.

Conclusion : la conformité comme avantage concurrentiel

Les obligations applicables au site web d'un avocat peuvent sembler contraignantes, mais elles sont en réalité un avantage concurrentiel. Un site parfaitement conforme inspire confiance aux prospects, démontre le sérieux du cabinet et évite les ennuis disciplinaires.

La clé est de trouver le juste équilibre entre visibilité en ligne et respect des règles déontologiques. Les textes le permettent désormais largement : un avocat peut avoir un site moderne, bien référencé, informatif et attractif tout en étant parfaitement conforme au RIN, à la LCEN et au RGPD.

Voici les trois actions prioritaires à mettre en œuvre :

  1. Auditez votre site existant en utilisant la checklist ci-dessus pour identifier les manquements
  2. Mettez à jour vos mentions légales et votre politique de confidentialité avec toutes les informations requises
  3. Relisez votre contenu pour supprimer toute formulation pouvant être interprétée comme une promesse de résultat ou une mention comparative

Si vous avez le moindre doute sur la conformité de votre site, n'hésitez pas à consulter le service de déontologie de votre barreau ou à faire appel à un professionnel spécialisé dans la création de sites pour avocats.

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L'équipe TonSiteWebPro

Spécialistes de la création de sites web et du référencement pour les cabinets d'avocats et professions libérales.

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